samedi 4 octobre 2014

4ème étape : d'Ingrandes à Angles-sur-l'Anglin

Réveil de bon matin pour voir le soleil se lever sur le château. Comme chaque jour, petit déjeuner, toilette, quelques photos et petit passage aux Muriers pour acheter quelques provisions, cette étape ne comptant aucun restaurant et aucun lieu de ravitaillement avant Angles-sur-l’Anglin, à 22 km.
 
Sur le chemin d'Angles
Je laisse Ingrandes pour gagner le hameau du Plaudray.
 
J’arrive moins de 2 km après Ingrandes au lieudit de Plaincourault. Le hameau se réduit à trois ensembles : une ferme, une chapelle, un château. La chapelle, romane, malheureusement fermée, date du XIIème siècle. Restaurée, elle est aujourd’hui la propriété du Parc Naturel Régional de la Brenne. La chapelle, comme son château, était la propriété de

Chapelle de Plaincourault

l’ordre de chevalerie des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, devenu l’Ordre de Malte. Le château, construit à la même époque que la chapelle, avec les mêmes propriétaires, abandonné à la fin du XVIIIème siècle, a été acquis et reconstruit en 1898 par Emile Châtenet. Sa famille en possède toujours la propriété.
 

Là commence une des parties les plus difficiles de ma randonnée : je suis le chemin sauf que, au niveau de la ferme de la Pouletterie, soit je n’ai pas vu la marque, soit il n’y en avait pas. Et je me perds... Je me pose des questions 500 m après la Pouletterie, plus du tout quand j’aperçois une ferme qui ne ressemble pas à celle que j’attendais, celle des Bucetteries. Voyant un chemin sur la gauche qui traverse les bois pour rejoindre la départementale 27, selon la carte, je l’emprunte. Sauf que celui-ci atteint une clairière cultivée. Le chemin pour y arriver manquait d’entretien. Celui pour en repartir, aidé de mon sens de l’orientation et d’une boussole, était similaire. Sauf que le chemin n’en était pas un. Je finis par me perdre et m’enfonce dans un bois de plus en plus touffu. J’arrive en vue d’une autre clairière. En vue parce qu’une haie de ronces m’en sépare. Après maints efforts et de multiples blessures, je parviens à la gagner et à retrouver un chemin. Puis la départementale 27.
 
5 km/h !
Blessé et fatigué, je décide de quitter le chemin pour suivre la route jusqu’à Mérigny, espérant qu’il existe quand même un restaurant. A défaut, une épicerie ou un café. Je passe les Giraudières, Chantemerle et j’entre dans Mérigny. Mais, patatrac ! Je suis flashé ! Je suis même revenu en arrière, n’étant pas certain d’être le coupable. Mais si. De là à faire du 5 km/h...
J’arrive sur la place du village, face à l’église Saint-Sulpice. Mérigny est conforme à ce que m’en disait la carte : pas de restaurant, pas d’épicerie et un café fermé. Que du bonheur. Heureusement, les seules personnes que je rencontre sont un couple d’anglais qui accepte de me remplir ma bouteille d’eau devenue vide. Je me pose une petite demi-heure le temps de panser mes blessures (à l’eau) et de me sustenter de quelques biscuits, les seuls que vendait l’épicerie des Muriers, à Ingrandes.



Rocher de la Dube
Cap sur Angles-sur-l’Anglin. Je reprends la route, cette fois-ci la départementale 43, puis la départementale 50 où je retrouve le chemin balisé à hauteur du roc d’escalade.
Le rocher de la Dube, carrière de pierres de par le passé, remontant jusqu’aux temps mérovingiens (des cercueils de pierre y ont été taillés), est aujourd’hui le terrain de jeu de l’école d’escalade du Blanc. Mais l’école fait comme toutes les autres au mois d’août : elle fait relâche...
Le rocher abrite, entre autres, quelques grottes dont on peine à penser qu’elles y aient accueillies des êtres humains mais la légende de la présence d’une sorcière le dit. Alors...
 
Le chemin quitte ensuite la route pour traverser les bois et s’élever vers le Griboury, puis Beauchapeau, lieudit qui abrite des chambres d’hôte et un gîte. L’itinéraire n’offrant, semble-t-il, pas d’intérêt particulier, je choisi de couper par la Vieille Grange. Une ferme sans prétention qui abriterait, selon mes recherches sur internet, une cavité souterraine digne d’intérêt mais pas du tout indiquée. Donc je continue. Au passage, le traitement des routes bitumées m’a toujours étonné : les municipalités posent du goudron puis s’arrêtent nettement à un moment sans explication, se contentant de boucher les nids de poule avec quelques graviers, comme à Vierzon. En général, ça ne dure pas plus d’une année mais c’est moins cher, comme le rappelle le maire. Il est étonnant qu’il n’applique pas la même politique devant chez lui et chez ses adjoints...
La route se poursuit vers les fermes de Haut Rives et des Rives, probablement parce que la première est au dessus de la seconde et que cette dernière est au bord de l’Anglin. Le chemin suit la départementale 50 sur 200 m avant de retrouver son caractère bucolique sur la gauche.

Le rocher d’escalade et la grotte de Saint-Berthomé sont mes premières rencontres. Le rocher porte le nom d’un saint ermite local, probablement légendaire. Au moyen-âge, on prêtait des vertus spécifiques à ce roc : on le grattait et on donnait la poudre en résultant à manger aux bébés souffrant de coliques et de maux dentaires. Je ne suis pas convaincu que certains n’en sont pas morts...
 
La grotte est, semble-t-il, plus profonde qu’elle ne le laisse penser au départ. Sans équipement, je ne m’aventure pas au devant.
Le rocher se prête volontiers à l’escalade, la varappe plus exactement, tant il est truffé de trous naturels où un ou plusieurs doigts peuvent s’accrocher.
 
L’itinéraire longe l’Anglin jusqu’aux ruines du moulin de Braud avant de quitter la berge et de s’élever jusqu’à la départementale 3. Une fois encore, je quitte le sentier balisé pour suivre la route sur moins de 300 m et le retrouver sur la gauche. L’écart semble être fait pour trois raisons : refuser de viabiliser un embryon de chemin suivant l’Anglin, éviter le château de Montenaut ou allonger l’itinéraire. Ou les trois. Ce qui est certain, c’est que le chemin balisé à reprendre est difficile à trouver, déjà parce qu’il n’est pas indiqué, ensuite parce qu’il est inexistant sur près de 50 mètres avant de se confondre avec le lit d’un ruisseau à sec appelé “le chemin de la bauge à la dame”. Il me


semble inutile de définir ce qu’est une dame, même si son nom nous serait ici précieux, par contre le terme de “bauge” désigne tant le lieu sec et abrité du vent où dorment les sangliers qu’une habitation humaine faite de terre et de fibres végétales ou animales. Bien que difficile à marcher, semé de pierres attestant son passé de rivière, voire de torrent, il n’en est pas moins agréable sous les frondaisons. Le bois s’ouvre un temps sur une clairière, à ma droite, où mange un daim. Délicieuse rencontre (pas pour le manger mais pour me délecter de sa vue).
 
Chemin de la Vallée du Diable
Au sortir, on gagne la ferme de Rezan, puis la ruine du Moulin du Pré, datant du XVIIème siècle, alimenté par une canalisation de plus 1 km 600. Gagné par la fatigue, je décide de ne pas me soumettre à ma curiosité de visiter cette ruine et poursuit mon chemin dans la vallée de l’Anglin, appelée ici “Vallée du Diable”. De là à y croiser ses suppôts ou quelques sorcières... Mais c’est surtout quelques fleurs que je trouve. Et... je préfère (courageux mais pas téméraire).
 
J’ai évité une autre curiosité, non placée sur le chemin et non indiquée (dommage), mais pas si lointaine : la grotte du hameau de Boisdichon. La grotte aurait été occupée aux temps préhistoriques, probablement également, de manière épisodique, après. Aujourd’hui, elle abrite surtout des chauves-souris qu’il convient de ne pas déranger.

Enfin se dessinent les tours d’Angles-sur-l’Anglin...


Le chemin devient une rue, bordée de maisons au pied du château à ma droite, d’autres en bordure de rivière à ma gauche. Des maisons que je n’habiterais probablement pas, craignant les éboulis du premier et les crues de la seconde. Mais mes peurs sont peut-être irraisonnées...
 
Je passe sous le pont qui enjambe l’Anglin et retrouve le point de départ de mon périple de quatre jours, remonte la route jusqu’à ma voiture, y dépose mon sac, mes bâtons, change de chaussures et prends le temps de souffler... quelques secondes avant de me diriger vers un glacier, histoire de me réconcilier avec la société de consommation. Fin de ma randonnée, une page de plaisirs, quelquefois douloureux (l’affaire de la Pouletterie) mais le plus souvent heureux, fait de bonheurs simples dont je remercie les auteurs de ce parcours. Merci.
 
 
 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire