samedi 4 octobre 2014

1ère étape : d'Angles-sur-l'Anglin à Tournon-Saint-Martin

Première étape de mon parcours, elle sera également la plus courte : 13 km. Ça tombe bien : je n’ai pu partir de Vierzon qu’à midi moins le quart. 116,1 km, 1h24 après, selon un site d’itinéraires sur internet, et une pause déjeuner à Ciron, Au Bon Accueil (cuisine traditionnelle, copieuse et pour un prix abordable), et j’arrive en début d’après-midi, vers 14h30, à l’Office de Tourisme du Blanc. Le temps de prendre mes bons de séjour et de régler le tout (225 € pour 4 jours, 3 hébergements et 2 dîners : je vous laisse juges mais ça me semble correct) et je mets le cap sur Angles-sur-l’Anglin, étape de départ de mon périple.

Je ne vais pas m’étendre sur Angles-sur-l’Anglin mais cette commune de moins de 400 habitants est classée parmi “les plus beaux villages de France” et le mérite. La cité aurait été créée dans le haut moyen-âge, à la fin de l’empire romain et au début des royaumes mérovingiens, par une tribu d’Angles, les mêmes dont quelques cousins envahiront la Grande Bretagne et lui donneront son nom pour une partie, après s’être diluée dans la population locale. Plus amateur de soleil, peut-être, ces Angles se poseront sur les rivages de l’Anglin, affluent de la Gartempe dans laquelle elle se jette en aval de la cité.
Angles est dominée par son château médiéval, construit par les évêques de Poitiers avant l’an mille et tenu un temps par la puissante famille des Lusignan, la même qui donnera des rois à Jérusalem et à Chypre, la même qui comptera, entre autres légendes, la fée Mélusine, la fée à queue de serpent, parmi ses ancêtres. Comme de nombreux châteaux, il sera pris par le fameux Bertrand Du Guesclin, connétable de Charles V le Sage, roi de France pendant la guerre de 100 ans. Et terminera, comme beaucoup, comme carrière sous la Révolution, non que cela n’ait pas déjà commencé auparavant.
 
Le village s’épanouit aujourd’hui avec ses vieilles ruelles médiévales au bord de l’Anglin, lieu de baignade, de pêche et de pratique du canoë. Bref, un lieu de vacances.
 
Pour ma part, je m’arrête au pied de la croix de la Brelignerie, histoire de me changer avant de commencer mon périple et de laisser ma voiture au pied du château.
 
15 h ou presque : je marche enfin, descends la rue, laissant le château sur ma gauche et rejoignant l’Anglin. Bien entendu, je profite de l’instant pour faire quelques photos du château, vu d’en bas et du sud-ouest.
 
Vallée de l'Anglin en aval d'Angles
Même en cette période estivale, le village est fréquenté mais pas trop. Ma cadence est bonne, bien chaussé et équipé de bâtons de marche nordique (depuis que j’en ai, j’ai l’impression de marcher plus vite et j’ai surtout moins mal aux bras et aux épaules). Je serai juste freiné par deux jeunes filles en recherche de toilettes publiques, toilettes qui existent mais qui semblent appartenir à la préhistoire en termes d’entretien (à remédier au problème, Monsieur le Maire Lecamp). Afin de préserver leur intimité, j’attendrai qu’elles aient terminé.
 
De chemin goudronné, il passe chemin rural, puis sentier. Un sentier qui s’élève et laisse apparaître la vallée de l’Anglin.
 
Croix des Breux
Le sentier rejoint, pour moins de 100 m, la départementale 5, avant de devenir chemin sur la droite, le chemin des Breux. La signification de ce nom s’appliquent pleinement à ce que je rencontre : “petit bois entouré d’un mur ou d’une haie”. Le chemin est délimité par des murets de chaque côté sur lequel pousse toutes sortes de plantes, des murets parfois effondrés, voire disparus.
 
Le chemin redevient rue jusqu’à la croix des Breux. Les croix du pays sont originales. Elles sont en pierre, peut-être en ciment, et imitent des rondins de bois.
 
Je rejoins de nouveau la croix de la Brelignerie, ayant parcouru le nord de la commune d’Angles avant de prendre, pour un court moment, la départementale D2, puis le chemin qui mène à la ferme de Buis Guernaut.
 
Le chemin manque parfois d’indication. Je dois plus me fier à la carte que l’on m’a fournie à l’Office de Tourisme du Blanc, voire à une simple déduction logique et à mon sens de l’orientation. Puis l’entretien, Monsieur le Maire Lecamp, Monsieur le Président de l’Office de Tourisme du Blanc (je n’ai pas trouvé son nom sur internet, peut-être ais-je mal cherché) : un coup de tondeuse régulier et la pose de panneaux d’indication ne seraient pas du luxe.
 
Je laisse sur la droite un domaine qui a dû voir naître le baron et général d’empire Samuel Lhéritier de Chezelles (pour le nom et parce que ce héros est né à Angles), aujourd’hui propriété du maire d’Angles, et sort du sentier balisé volontairement pour rejoindre le gite de la Ligne, superbe ferme rénovée, avant de quitter la commune d’Angles pour gagner celle de Néons-sur-Creuse. Je me poserai à l’une des entrées du château de la Camusetterie.
 
Entrée du château de Soudun
Un point géographique retient mon intention : la tour du château de Soudun. Je quitterai le chemin balisé une seconde fois pour suivre la ligne imaginaire séparant les communes de Néons-sur-Creuse et Lurais et rejoindre ce bel édifice.
Je l’avoue : je n’ai pas pu résister. J’ai pénétré une propriété privée. Au départ, c’était juste pour boire un peu d’eau au robinet du jardin (en fait, dans une ancienne porcherie ou un ancien chenil dans lequel il y avait un robinet). Puis, la curiosité a fait son œuvre : j’ai pénétré le domaine. Juste de mon regard, juste quelques pas, le temps de prendre quelques photos.
 
Ce château, bâti au XIIème siècle, a été rebâti par un “fou de château” au début du XXème siècle. Il serait aujourd’hui la propriété des Clermont-Tonnerre. Mais rien n’est moins sûr puisqu’il se pourrait qu’il fasse aussi chambre d’hôtes, si j’en crois quelques sites internet. Sauf que le jour où je suis passé, il n’y avait personne. Sur un autre site, je l’ai même trouvé à vendre. Alors, où est la vérité ? Ce qui est certain, c’est qu’il existe un chemin menant à la départementale 95, reliant Mallet, hameau de Néons-sur-Creuse, à Lurais, pas entretenu. Il existe trois autres voies pour aller au château mais deux d’entre elles passent par les fermes de la Coudre et des Basses Granges. Pour la troisième, elle passe au travers de dépendances du château en ruine, puis d’une autre ferme également en ruine. Pire encore : on a délibérément abattu un arbre pour barrer le chemin. Si on ne veut pas que l’on aille jusqu’au château, on ne s’y serait pas mieux pris. Plus encore : si on arrive encore à passer à pied, on ne pourra le faire en voiture, même en 4X4 ! C’est dire. Le cadre n’en demeure pas moins enchanteur...
 
Enchanteur, c’est le mot. Quelque part, il me rappelle le château de la Belle au Bois Dormant de mon enfance.
 
Je regagne l’itinéraire à hauteur de la ferme ruinée de la Groue. Le chemin devient rue.
 
Je longe la Creuse, puis le camping de Tournon, traverse la Creuse et gagne directement, l’heure tournant, une charmante chambre d’hôtes chez M. et Mme BARBARIN. Le temps de prendre une douche, de me refaire une petite santé et je gagne le restaurant Le Capucin Gourmand. Une étape que je recommande.
 
Je reviens sur Tournon-Saint-Martin et sa sœur jumelle Tournon-Saint-Pierre, la première dans l’Indre, la seconde dans l’Indre-et-Loire, la première comptant plus de 1 200 habitants, la seconde plus de 460. Mais toutes deux connaissent le même problème : les commerces disparaissent, laissant des friches commerciales, dans certains cas des demeures abandonnées dont on voit qu’elles ont été l’orgueil de leurs propriétaires, certaines étant en voie de ruine. Le commerce et sa disparition, suivie ou précédée de celle de certains services, publics (écoles, poste, gendarmerie, ...) ou privés (pharmacie, médecins généralistes) est un problème politique que chaque élu se doit de prendre à cœur. Une réflexion nationale s’impose, avec un plan d’actions concret et rapide. Il en va de l’occupation de notre territoire, de notre vie.
 
 

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