Première étape de mon parcours,
elle sera également la plus courte : 13 km . Ça tombe bien : je n’ai pu partir
de Vierzon qu’à midi moins le quart.
116,1 km ,
1h24 après, selon un site d’itinéraires sur internet, et une pause déjeuner à Ciron, Au Bon Accueil (cuisine
traditionnelle, copieuse et pour un prix abordable), et j’arrive en début
d’après-midi, vers 14h30, à l’Office de Tourisme du Blanc. Le temps de prendre mes bons de séjour et de régler le tout
(225 € pour 4 jours, 3 hébergements et 2 dîners : je vous laisse juges mais
ça me semble correct) et je mets le cap sur Angles-sur-l’Anglin, étape de départ de mon périple.
Je ne vais pas m’étendre sur Angles-sur-l’Anglin mais cette commune
de moins de 400 habitants est classée parmi “les plus beaux villages de France”
et le mérite. La cité aurait été créée dans le haut moyen-âge, à la fin de
l’empire romain et au début des royaumes mérovingiens, par une tribu d’Angles,
les mêmes dont quelques cousins envahiront la Grande Bretagne et lui donneront
son nom pour une partie, après s’être diluée dans la population locale. Plus
amateur de soleil, peut-être, ces Angles se poseront sur les rivages de
l’Anglin, affluent de la Gartempe dans laquelle elle se jette en aval de la
cité.
Angles est dominée par son château médiéval, construit par les
évêques de Poitiers avant l’an mille et tenu un temps par la puissante famille
des Lusignan, la même qui donnera des rois à Jérusalem et à Chypre, la même qui
comptera, entre autres légendes, la fée Mélusine, la fée à queue de serpent,
parmi ses ancêtres. Comme de nombreux châteaux, il sera pris par le fameux
Bertrand Du Guesclin, connétable de Charles V le Sage, roi de France pendant la
guerre de 100 ans. Et terminera, comme beaucoup, comme carrière sous la
Révolution, non que cela n’ait pas déjà commencé auparavant.
Le village s’épanouit aujourd’hui
avec ses vieilles ruelles médiévales au bord de l’Anglin, lieu de baignade, de
pêche et de pratique du canoë. Bref, un lieu de vacances.
Pour ma part, je m’arrête au pied
de la croix de la Brelignerie, histoire de me changer avant de commencer mon
périple et de laisser ma voiture au pied du château.
15 h ou presque : je marche
enfin, descends la rue, laissant le château sur ma gauche et rejoignant
l’Anglin. Bien entendu, je profite de
l’instant pour faire quelques photos du château, vu d’en bas et du sud-ouest.
| Vallée de l'Anglin en aval d'Angles |
Même en cette période estivale,
le village est fréquenté mais pas trop. Ma cadence est bonne, bien chaussé et
équipé de bâtons de marche nordique (depuis que j’en ai, j’ai l’impression de
marcher plus vite et j’ai surtout moins mal aux bras et aux épaules). Je serai
juste freiné par deux jeunes filles en recherche de toilettes publiques,
toilettes qui existent mais qui semblent appartenir à la préhistoire en termes
d’entretien (à remédier au problème, Monsieur le Maire Lecamp). Afin de
préserver leur intimité, j’attendrai qu’elles aient terminé.
De chemin goudronné, il passe
chemin rural, puis sentier. Un sentier qui s’élève et laisse apparaître la
vallée de l’Anglin.
| Croix des Breux |
Le sentier rejoint, pour moins de
100 m ,
la départementale 5, avant de devenir chemin sur la droite, le chemin des
Breux. La signification de ce nom s’appliquent pleinement à ce que je rencontre :
“petit bois entouré d’un mur ou d’une haie”. Le chemin est délimité par des
murets de chaque côté sur lequel pousse toutes sortes de plantes, des murets
parfois effondrés, voire disparus.
Le chemin redevient rue jusqu’à
la croix des Breux. Les croix du pays sont originales. Elles sont en pierre,
peut-être en ciment, et imitent des rondins de bois.
Je rejoins de nouveau la croix de
la Brelignerie, ayant parcouru le nord de la commune d’Angles avant de prendre,
pour un court moment, la départementale D2, puis le chemin qui mène à la ferme
de Buis Guernaut.
Le chemin manque parfois
d’indication. Je dois plus me fier à la carte que l’on m’a fournie à l’Office
de Tourisme du Blanc, voire à une
simple déduction logique et à mon sens de l’orientation. Puis l’entretien,
Monsieur le Maire Lecamp, Monsieur le Président de l’Office de Tourisme du
Blanc (je n’ai pas trouvé son nom sur internet, peut-être ais-je mal
cherché) : un coup de tondeuse régulier et la pose de panneaux
d’indication ne seraient pas du luxe.
Je laisse sur la droite un
domaine qui a dû voir naître le baron et général d’empire Samuel Lhéritier de
Chezelles (pour le nom et parce que ce héros est né à Angles), aujourd’hui propriété du maire d’Angles, et sort du sentier balisé volontairement pour rejoindre le
gite de la Ligne, superbe ferme rénovée, avant de quitter la commune d’Angles pour gagner celle de Néons-sur-Creuse. Je me poserai à l’une
des entrées du château de la Camusetterie.
| Entrée du château de Soudun |
Un point géographique retient mon
intention : la tour du château de Soudun. Je quitterai le chemin balisé une
seconde fois pour suivre la ligne imaginaire séparant les communes de Néons-sur-Creuse et Lurais et rejoindre ce bel édifice.
Je l’avoue : je n’ai pas pu
résister. J’ai pénétré une propriété privée. Au départ, c’était juste pour
boire un peu d’eau au robinet du jardin (en fait, dans une ancienne porcherie
ou un ancien chenil dans lequel il y avait un robinet). Puis, la curiosité a
fait son œuvre : j’ai pénétré le domaine. Juste de mon regard, juste
quelques pas, le temps de prendre quelques photos.
Ce château, bâti au XIIème
siècle, a été rebâti par un “fou de château” au début du XXème siècle. Il
serait aujourd’hui la propriété des Clermont-Tonnerre. Mais rien n’est moins
sûr puisqu’il se pourrait qu’il fasse aussi chambre d’hôtes, si j’en crois
quelques sites internet. Sauf que le jour où je suis passé, il n’y avait
personne. Sur un autre site, je l’ai même trouvé à vendre. Alors, où est la
vérité ? Ce qui est certain, c’est qu’il existe un chemin menant à la
départementale 95, reliant Mallet, hameau de Néons-sur-Creuse, à Lurais,
pas entretenu. Il existe trois autres voies pour aller au château mais deux
d’entre elles passent par les fermes de la Coudre et des Basses Granges. Pour
la troisième, elle passe au travers de dépendances du château en ruine, puis
d’une autre ferme également en ruine. Pire encore : on a délibérément
abattu un arbre pour barrer le chemin. Si on ne veut pas que l’on aille
jusqu’au château, on ne s’y serait pas mieux pris. Plus encore : si on
arrive encore à passer à pied, on ne pourra le faire en voiture, même en
4X4 ! C’est dire. Le cadre n’en demeure pas moins enchanteur...
Enchanteur, c’est le mot. Quelque
part, il me rappelle le château de la Belle au Bois Dormant de mon enfance.
Je regagne l’itinéraire à hauteur
de la ferme ruinée de la Groue. Le chemin devient rue.
Je longe la Creuse, puis le
camping de Tournon, traverse la
Creuse et gagne directement, l’heure tournant, une charmante chambre d’hôtes
chez M. et Mme BARBARIN. Le temps de prendre une douche, de me refaire une
petite santé et je gagne le restaurant Le Capucin Gourmand. Une étape que je
recommande.
Je reviens sur Tournon-Saint-Martin et sa sœur jumelle
Tournon-Saint-Pierre, la première
dans l’Indre, la seconde dans l’Indre-et-Loire, la première comptant plus de
1 200 habitants, la seconde plus de 460. Mais toutes deux connaissent le
même problème : les commerces disparaissent, laissant des friches
commerciales, dans certains cas des demeures abandonnées dont on voit qu’elles
ont été l’orgueil de leurs propriétaires, certaines étant en voie de ruine. Le
commerce et sa disparition, suivie ou précédée de celle de certains services,
publics (écoles, poste, gendarmerie, ...) ou privés (pharmacie, médecins
généralistes) est un problème politique que chaque élu se doit de prendre à
cœur. Une réflexion nationale s’impose, avec un plan d’actions concret et
rapide. Il en va de l’occupation de notre territoire, de notre vie.

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