Moi qui habite en centre ville,
dormir dans un village, fenêtre ouverte, malgré les lumières publiques, est un plaisir
de gourmet. Le réveil l’est tout autant. Petit déjeuner copieux chez M. et Mme
BARBARIN, en compagnie de leur fille, agricultrice dans le nord du département,
et je recommence mon périple, non sans faire une halte à la pharmacie, histoire
de me ravitailler en crème anti-frottement (ce que je crains le plus entre les
deux jambes : en cas de brûlure, je n’ai plus qu’à marcher en canard), à
l’épicerie de Tournon-Saint-Pierre,
pour l’eau et quelques bonbons (ça fait grossir mais je m’en moque) et devant
la statue de Saint-Martin pour une petite prière.
Je reprend la route d’Angles-sur-l’Anglin mais longe la rive
droite de la Creuse, ne traversant pas le pont pris la veille. Un chemin
agréable, bien entretenu, où je rencontre quelques pêcheurs. Rapidement, je
peux de nouveau profiter de la vue de mon coup de cœur architectural
d’hier : le château de Soudun.
Un kilomètre après, le chemin
s’éloigne de la Creuse pour remonter vers la départementale 950. Une nouvelle
fois, je lâche le sentier balisé pour rejoindre le hameau de Coudon, lieu où était
bâti, avant la Grande Guerre, un hangar pour dirigeables, appelé “Adjudant
Réau”, et où se déroulèrent des manœuvres aériennes. Aujourd’hui, il n’en reste
rien.
Je longe le château de Coudon pour
rejoindre, cette fois-ci, la départementale précitée, la traverser et reprendre
le chemin balisé.
Le temps est doux, la route
agréable. Je m’oriente sur le village de Preuilly-la-Ville,
nom prétentieux s’il en est mais conséquence de son passé, non pas de ville
mais de son histoire. Le site internet Wikipedia m’apprend ainsi que le nom
d’origine serait “villa (au sens de domaine agricole) de Proliacus”. L’école de
la commune est aujourd’hui devenue une maison particulière. Je profite de la
place de l’église Saint-Pierre, fermée ce jour, pour faire une pause.
Je reprends le chemin balisé
avant de décider de le lâcher pour rejoindre la voie verte, une ancienne voie
ferrée transformée en chemin pédestre ouverte aux chevaux et aux vélos. La voie verte,
initiative heureuse des pouvoirs publics, est une route interdite aux engins à
moteurs, d’une distance de près de 70 km , appelée à se développer, reliant les
deux Tournon à Argenton-sur-Creuse. Bien entendu, je compte également les branches
allant à Saint-Hilaire-sur-Benaize
et Ingrandes. Cette voie est
semblable à l’idée politique que je défends pour le Canal de Berry : un
chemin ombragé, réservé aux transports doux, plat, donc favorable aux enfants
et aux personnes âgées. Tout pour plaire.
Sur ce chemin, je n’ai rencontré
que peu de personnes. Dommage. Mais l’une m’a marqué, à tout le moins
étonné : un séminariste (pour son âge, j’imagine) en soutane et sur un
VTC. Je n’ai su que le saluer d’un “bonjour mon père”, adressé à un jeune homme
de près de 20 ans mon cadet. Cela ne l’a pas gêné, me répondant d’un bonjour et
d’un sourire. Je traverse ensuite le hameau des Cloîtres, laisse sur ma gauche
le swin golf et entre dans Fontgombault.
Fontgombault, une petite commune de l’Indre de moins de 300
habitants marquée par son abbaye bénédictine, Notre-Dame de Fontgombault.
L’abbaye, créée au IXème siècle, en 1091, par l’ermite Pierre de l’Etoile,
abrite aujourd’hui près de 70 moines sous la conduite de dom Jean Pateau.
Midi sonnant, je décide de faire
une halte réparatrice au restaurant du Chatelet. Une bonne table pour un prix
très abordable, avec le service souriant de la patronne, une ravissante blonde
(si elle vient à lire un jour cet article, elle me dira que c’était du châtain
clair méché, que... Mais fi de tout cela : je suis un homme et, à ce
titre, toutes les femmes aux cheveux clairs sont des blondes, aux cheveux sombres
des brunes et aux cheveux rouges des rousses). Je flânerai un peu dans ce lieu,
dehors, à table, sous un auvent, avec un bon livre entre les mains (un San Antonio,
un livre réservé aux esthètes du savoir-vivre). Je repars vers 14h30... pour
m’arrêter rapidement à la sortie du village, à l’église de la commune dédiée à
Saint-Jacques-le-Majeur, le frère de Saint-Jean et celui de Compostelle.
Retour sur le sentier pour
grimper jusqu’au hameau des Roches sur la commune de Pouligny-Saint-Pierre. L’endroit est sympathique et indique un
point de vue. Un conseil : n’y allez pas trop vite, en VTT ou en courant,
vous risquez de faire un grand saut dans le vide. Mais la vue sur la Creuse
vaut le détour.
| Vue du Bois des Roches |
Ayant repéré une belle demeure
sur la carte, le Parc à Aude, et séduit par l’idée qu’un seigneur local ait
donné le prénom de sa fille à sa propriété, j’ai quitté le chemin balisé pour
m’approcher du lieu. Malheureusement, la propriété est entourée d’une solide
clôture et le chemin rejoint la route. Invisible (la route), je la devinerai
peu à peu en trouvant de plus en plus de papiers toilette usagés. Je rejoindrai
le hameau de Bénavent par la route. Pour le parc à Aude, j’ai appris
ultérieurement qu’Aude est le nom de famille d’un érudit local, le chevalier André-Félix
Aude, ayant acheté le château de Bénavent, construit par son prédécesseur
appartenant à la famille de Poix.
Le hameau de Bénavent mériterait
d’être appelé “village”. La route est passagère et ne me permet pas de profiter
de la petite chapelle, sise à côté du cimetière, de toute façon fermée au
public (dommage). Je quitte la départementale pour rejoindre un autre château
de Bénavent, le contourne et rejoint le chemin. Un kilomètre plus loin, je
rejoins le lieudit Mont-la-Chapelle. Où je cherche encore la chapelle. Je
quitte une nouvelle fois le chemin balisé pour un sentier sans doute réservé
aux chèvres tant il se montre escarpé. J’entre ensuite au Blanc.
| Le Blanc, vu de son viaduc, le lendemain |
La soirée que j’ai passée au
Blanc était sans doute la moins heureuse des trois. Non que l’hôtel fut
mauvais, bien au contraire, mais pour la restauration, ça laissait à désirer.
Selon les Pages Jaunes, Le Blanc
compte 18 restaurants. Pourtant, ce soir là, entre ceux qui faisaient relâche
et ceux qui étaient en vacances, je me suis retrouvé dans une pizzeria. Qui
refusait les chèques, en plus. D’où un avoir d’1,20 € (je n’avais que 20 € en
poche). Enfin, merci quand même...


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