samedi 4 octobre 2014

2ème étape : de Tournon-Saint-Martin au Blanc

Moi qui habite en centre ville, dormir dans un village, fenêtre ouverte, malgré les lumières publiques, est un plaisir de gourmet. Le réveil l’est tout autant. Petit déjeuner copieux chez M. et Mme BARBARIN, en compagnie de leur fille, agricultrice dans le nord du département, et je recommence mon périple, non sans faire une halte à la pharmacie, histoire de me ravitailler en crème anti-frottement (ce que je crains le plus entre les deux jambes : en cas de brûlure, je n’ai plus qu’à marcher en canard), à l’épicerie de Tournon-Saint-Pierre, pour l’eau et quelques bonbons (ça fait grossir mais je m’en moque) et devant la statue de Saint-Martin pour une petite prière.
Je reprend la route d’Angles-sur-l’Anglin mais longe la rive droite de la Creuse, ne traversant pas le pont pris la veille. Un chemin agréable, bien entretenu, où je rencontre quelques pêcheurs. Rapidement, je peux de nouveau profiter de la vue de mon coup de cœur architectural d’hier : le château de Soudun.

Un kilomètre après, le chemin s’éloigne de la Creuse pour remonter vers la départementale 950. Une nouvelle fois, je lâche le sentier balisé pour rejoindre le hameau de Coudon, lieu où était bâti, avant la Grande Guerre, un hangar pour dirigeables, appelé “Adjudant Réau”, et où se déroulèrent des manœuvres aériennes. Aujourd’hui, il n’en reste rien.

Je longe le château de Coudon pour rejoindre, cette fois-ci, la départementale précitée, la traverser et reprendre le chemin balisé.

Le temps est doux, la route agréable. Je m’oriente sur le village de Preuilly-la-Ville, nom prétentieux s’il en est mais conséquence de son passé, non pas de ville mais de son histoire. Le site internet Wikipedia m’apprend ainsi que le nom d’origine serait “villa (au sens de domaine agricole) de Proliacus”. L’école de la commune est aujourd’hui devenue une maison particulière. Je profite de la place de l’église Saint-Pierre, fermée ce jour, pour faire une pause.

Je reprends le chemin balisé avant de décider de le lâcher pour rejoindre la voie verte, une ancienne voie ferrée transformée en chemin pédestre ouverte aux chevaux et aux vélos. La voie verte, initiative heureuse des pouvoirs publics, est une route interdite aux engins à moteurs, d’une distance de près de 70 km, appelée à se développer, reliant les deux Tournon à Argenton-sur-Creuse. Bien entendu, je compte également les branches allant à Saint-Hilaire-sur-Benaize et Ingrandes. Cette voie est semblable à l’idée politique que je défends pour le Canal de Berry : un chemin ombragé, réservé aux transports doux, plat, donc favorable aux enfants et aux personnes âgées. Tout pour plaire.

Sur ce chemin, je n’ai rencontré que peu de personnes. Dommage. Mais l’une m’a marqué, à tout le moins étonné : un séminariste (pour son âge, j’imagine) en soutane et sur un VTC. Je n’ai su que le saluer d’un “bonjour mon père”, adressé à un jeune homme de près de 20 ans mon cadet. Cela ne l’a pas gêné, me répondant d’un bonjour et d’un sourire. Je traverse ensuite le hameau des Cloîtres, laisse sur ma gauche le swin golf et entre dans Fontgombault.

Fontgombault, une petite commune de l’Indre de moins de 300 habitants marquée par son abbaye bénédictine, Notre-Dame de Fontgombault. L’abbaye, créée au IXème siècle, en 1091, par l’ermite Pierre de l’Etoile, abrite aujourd’hui près de 70 moines sous la conduite de dom Jean Pateau.

Midi sonnant, je décide de faire une halte réparatrice au restaurant du Chatelet. Une bonne table pour un prix très abordable, avec le service souriant de la patronne, une ravissante blonde (si elle vient à lire un jour cet article, elle me dira que c’était du châtain clair méché, que... Mais fi de tout cela : je suis un homme et, à ce titre, toutes les femmes aux cheveux clairs sont des blondes, aux cheveux sombres des brunes et aux cheveux rouges des rousses). Je flânerai un peu dans ce lieu, dehors, à table, sous un auvent, avec un bon livre entre les mains (un San Antonio, un livre réservé aux esthètes du savoir-vivre). Je repars vers 14h30... pour m’arrêter rapidement à la sortie du village, à l’église de la commune dédiée à Saint-Jacques-le-Majeur, le frère de Saint-Jean et celui de Compostelle.

Retour sur le sentier pour grimper jusqu’au hameau des Roches sur la commune de Pouligny-Saint-Pierre. L’endroit est sympathique et indique un point de vue. Un conseil : n’y allez pas trop vite, en VTT ou en courant, vous risquez de faire un grand saut dans le vide. Mais la vue sur la Creuse vaut le détour.

Vue du Bois des Roches
Ayant repéré une belle demeure sur la carte, le Parc à Aude, et séduit par l’idée qu’un seigneur local ait donné le prénom de sa fille à sa propriété, j’ai quitté le chemin balisé pour m’approcher du lieu. Malheureusement, la propriété est entourée d’une solide clôture et le chemin rejoint la route. Invisible (la route), je la devinerai peu à peu en trouvant de plus en plus de papiers toilette usagés. Je rejoindrai le hameau de Bénavent par la route. Pour le parc à Aude, j’ai appris ultérieurement qu’Aude est le nom de famille d’un érudit local, le chevalier André-Félix Aude, ayant acheté le château de Bénavent, construit par son prédécesseur appartenant à la famille de Poix.

Le hameau de Bénavent mériterait d’être appelé “village”. La route est passagère et ne me permet pas de profiter de la petite chapelle, sise à côté du cimetière, de toute façon fermée au public (dommage). Je quitte la départementale pour rejoindre un autre château de Bénavent, le contourne et rejoint le chemin. Un kilomètre plus loin, je rejoins le lieudit Mont-la-Chapelle. Où je cherche encore la chapelle. Je quitte une nouvelle fois le chemin balisé pour un sentier sans doute réservé aux chèvres tant il se montre escarpé. J’entre ensuite au Blanc.

22 km ou presque de parcourus à pied. Fatigué, je coupe au plus court pour rejoindre l’hôtel du Théâtre, passant sous le viaduc désaffecté, devant le premier employeur de la commune, la Gendarmerie, et gagnant le centre ville. Seconde sous-préfecture de l’Indre, avec ses 7 000 habitants, la ville se singularise par une ville haute et une ville basse séparée par la Creuse. La ville haute, située au sud, se découpait elle-même en deux, avec un château, celui des Naillac, en territoire berrichon, et un second, aujourd’hui disparu, en terre poitevine.

Le Blanc, vu de son viaduc, le lendemain

La soirée que j’ai passée au Blanc était sans doute la moins heureuse des trois. Non que l’hôtel fut mauvais, bien au contraire, mais pour la restauration, ça laissait à désirer. Selon les Pages Jaunes, Le Blanc compte 18 restaurants. Pourtant, ce soir là, entre ceux qui faisaient relâche et ceux qui étaient en vacances, je me suis retrouvé dans une pizzeria. Qui refusait les chèques, en plus. D’où un avoir d’1,20 € (je n’avais que 20 € en poche). Enfin, merci quand même...

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